Le 04 mars 2001 constitue une date charnière dans l’histoire de l’Église Évangélique du Cameroun. Ce jour-là, l’institution ecclésiale écrivait une nouvelle page de son parcours en consacrant, pour la toute première fois, cinq femmes au saint ministère pastoral. Un acte fort, porteur d’espérance, qui marquait à la fois une avancée spirituelle et une évolution significative des mentalités au sein de la communauté chrétienne.
Vingt-cinq ans plus tard, alors que le mois de mars célèbre la femme à travers le monde, cette date résonne avec une intensité particulière. Elle rappelle l’audace de celles qui ont répondu à l’appel divin dans un contexte encore peu ouvert à la pleine reconnaissance du ministère pastoral féminin. Esther MBONDO EBENYE, Abestine SOPJIO MEMIAFO, Frieda MOUTNGUI, Albertine NGANKOU et Jacqueline TOWO ne sont pas seulement des noms inscrits dans les archives ; elles sont les pionnières d’un tournant décisif, des figures inspirantes dont les parcours témoignent de la foi, de la persévérance et d’un engagement sans faille.
Leur consécration, intervenue le 04 mars 2001, allait bien au-delà d’une simple cérémonie liturgique. Elle traduisait une volonté affirmée de reconnaître les dons et les vocations féminines dans toute leur plénitude. En ouvrant ainsi les portes du pastorat aux femmes, l’EEC posait un acte prophétique, en phase avec l’évolution de la société, mais surtout fidèle à une lecture inclusive de l’Évangile, où l’appel de Dieu ne connaît ni barrière de genre ni limite culturelle.
Au fil des années, ces cinq femmes pasteures ont incarné cette vision avec fidélité et dévouement. Elles ont servi dans diverses paroisses, souvent dans des contextes exigeants, accompagnant les fidèles dans leurs joies comme dans leurs épreuves. Par leur prédication, leur écoute pastorale, leur engagement dans la formation et leur implication dans la vie communautaire, elles ont contribué à renforcer l’édification spirituelle de l’Église. Leur présence a également permis de renouveler les approches pastorales, en apportant une sensibilité et une proximité qui ont enrichi la mission globale de l’EEC.
Mais au-delà de leur propre ministère, leur impact s’est étendu à toute une génération. En osant franchir ce seuil, elles ont ouvert la voie à de nombreuses jeunes femmes qui, aujourd’hui, répondent à l’appel de Dieu avec plus de confiance et de sérénité. Elles ont démontré que le service pastoral est avant tout une question de vocation, de compétence et de disponibilité, et non de genre.
Célébrer ce jubilé d’argent, c’est donc bien plus qu’un simple retour sur le passé. C’est un acte de reconnaissance envers Dieu pour le chemin parcouru, mais aussi envers ces pionnières qui ont accepté de porter une vision parfois contestée. C’est également une invitation à poursuivre l’œuvre engagée, en continuant de promouvoir une Église inclusive, fidèle à sa mission et attentive aux signes des temps.
En ce 04 mars, l’Église Évangélique du Cameroun ne se contente pas de commémorer une date historique. Elle célèbre une vision devenue réalité, un héritage spirituel fécond et une dynamique de transformation toujours à l’œuvre. Car l’histoire de l’Église s’écrit, jour après jour, avec des femmes et des hommes appelés à servir, chacun selon le don reçu, pour la gloire de Dieu et l’édification de sa communauté.




